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Scène de la vie quotidienne – trouver un sandwich

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Hier, tentative de trouver un sandwich, n’importe quoi de mangeable, dans une boulangerie du centre avant un rendez-vous.

– Vous auriez quelque chose sans produits animaux ?

– …

– C’est-à-dire sans viande, sans fromage, sans oeufs et sans beurre ?

– Ah, alors il y a des sandwichs au saumon.

À la recherche du chocolat blanc à la noix de coco

Il nous a fallu cinq tentatives avant de trouver LA recette idéale de chocolat blanc à la noix de coco, et LES bons ingrédients. Je veux dire : la recette capable de s’élever presque au niveau du chocolat blanc à la noix de coco Rapunzel (je n’irais pas jusqu’à dire égaler, il ne fait pas déconner non plus) qui, pour le plus grand malheur de Martin, contient du lait (comme tous les chocolats blancs que l’on a trouvés jusqu’ici).

Sur le papier, le chocolat blanc à la noix de coco, c’est très simple : beurre de cacao + sucre + noix de coco. Voilà les ingrédients minimums. Après, bien sûr, on peut l’améliorer comme on veut. En pratique, c’est un peu plus compliqué.

Nos deux premiers essais utilisaient du beurre de cacao en pastilles trouvé en magasin bio. Le résultat était joli, intéressant, mais franchement, on avait l’impression de manger de la graisse pure.2015-07-09 14.52.13Du coup, on s’est dit que le beurre de cacao n’était pas à la hauteur et on a laissé tomber l’affaire, jusqu’à ce que j’en trouve sur Aroma Zone (il y en a sans doute ailleurs de très bons aussi). Et comme ils sont chouettes chez Aroma Zone (c’est ma nouvelle religion), ils fournissent même leur propre recette de chocolat blanc à la noix de coco.

D’abord, on a voulu faire les malins, en remplaçant le sucre glace par du sirop d’agave (parce que son indice glycémique est bas). Évidemment ça a donné une graisse jaunâtre liquide. Ensuite on a suivi la recette, mais en voulant aller trop vite. Et là, on a fabriqué un agglomérat de sucre glace graisseux (pas totalement dégueu, cela dit). Alors on s’est dit qu’on pourrait peut-être essayer de suivre la recette. On l’a quand même un peu modifiée à notre sauce, mais cette fois-ci ça a marché : on a réussi à obtenir un beau et délicieux chocolat.

IMG_2361Pour une tablette de 100 g environ, il faut :

  • 50 g de beurre de cacao filtré
  • 30 g de sucre glace (plus ou moins selon vos goûts – c’était déjà pas mal sucré comme ça, j’ai trouvé)
  • 3 ou 4 cuillerées à café de noix de coco râpée
  • 1 cuillerée à café de lait d’amande déshydraté
  • 2 pincées de vanille en poudre

Faites fondre le beurre de cacao au bain marie à feu tout doux (c’est important car le sucre glace a tendance à faire des grumeaux quand on le verse dans le beurre trop chaud, il me semble). Lorsqu’il est fondu, ajoutez très progressivement le sucre glace en le tamisant avec une petite passoire, et mélangez régulièrement pour éviter les grumeaux. Ajoutez ensuite le lait d’amande en poudre, mélangez jusqu’à ce qu’il soit dissout, puis la vanille et la noix de coco. Mélangez encore. Coulez le tout dans un moule et laissez votre chocolat refroidir au frigo pendant quelques heures avant de le dévorer.

PS : J’avais coulé ma tablette dans un récipient en verre, mais du coup, impossible de décoller ou de découper le chocolat correctement : on l’a donc mangé réduit en miettes. Je n’ai pas encore testé les moules à tablette en silicones mais il semble que ce soit la solution.

PS2 : Le chocolat a une consistance bien dure lorsqu’il sort du frigo mais a tendance à ramollir un peu trop s’il reste longtemps à température ambiante. La texture est un peu friable, moins croquante et compacte qu’un chocolat blanc à la noix de coco acheté dans le commerce.

Coline

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Le véganisme comme aventure

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Quelques mots de présentation. Coline et moi aimons les livres, les dinosaures, la musique (et les instruments bizarres comme le thérémine), et bien sûr : manger.

Nous ne sommes pas très doués niveau organisation et rangement à la maison. Ce site est le moyen pour nous de constituer un petit livre de cuisine et un carnet de notes qu’on est sûr de ne pas perdre. Garder traces de nos expérimentations, réflexions, trouvailles, catastrophes.

C’est aussi l’occasion de réfléchir à ce que ça veut dire être végane (j’utilise la forme française du mot). Je suis végane, Coline navigue entre flexi-végé-véganisme. Ça a heureusement et joyeusement bouleversé notre rapport à la nourriture et à la cuisine (et à la vie en général). À vrai dire on n’a jamais autant cuisiné, jamais mangé de façon aussi gourmande.

D’après ma maladroite, modeste et vague expérience, être végane implique de devenir assez calé en nutrition (ça tient aussi sans doute à mon esprit obsessionnel) et d’aimer cuisiner. Bien sûr, on peut être végane et se nourrir de produits transformés, plats déjà cuisinés etc, mais bon ce n’est pas très marrant (et pas génial niveau portefeuille et santé).

C’est la mauvaise (ça prend un peu de temps) et la bonne (de nouvelles connaissances, une meilleure compréhension du corps humain, des légumes, des fruits, des légumineuses) nouvelle : on devient forcément un peu doué en nutrition. On remet en cause pas mal de nos habitudes et de nos réflexes. On s’écarte de la norme, c’est à dire qu’on ne laisse plus à la société (à notre civilisation) le soin de penser nos repas. C’est la fin des évidences et du conformisme alimentaire (ou disons de la tradition). Avec la fin des évidences, c’est à nous d’apprendre à composer nos repas, pour qu’ils soient savoureux c’est certain, mais aussi pour qu’ils soient équilibrés. Attention : les carences ne sont pas un risque propre aux véganes. Nombre d’omnivores sont carencés en fer, en calcium, en iode, en vitamine B12, etc (et en excès de tout un tas de trucs). Mais il est sans doute plus facile pour un végane d’être carencé, car il doit davantage penser son alimentation qu’un omnivore, ça prend du temps et de l’énergie, ça nécessite un goût pour la recherche. Comme pour toute éducation qu’on se donne, on est à la fois maître et élève, et on peut compter sur de nombreux condisciples pour parler et s’entraider. L’émancipation est un effort joyeux.

Ce site n’est pas un lieu de débat pour ou contre le véganisme. Ceux qui cherchent des faits scientifiques sur la question les trouveront (souvent plus à l’étranger, USA, Canada, Angleterre -cf., c’est un exemple, la page wikipedia anglaise “veganism”- on peut lire aussi l’intéressante page véganisme, d’une nature différente et plus succincte). Donc pas de “Mais où trouvez-vous vos protéines ?” etc, tous ces débats dont on trouve la réponse en faisant un minimum de recherche sur le net. Il ne s’agit pas ici non plus de moquer ou d’attaquer les omnivores (mais : je critiquerai le carnisme). J’ai été omnivore la plus grande partie de ma vie, je serai donc très mal placé pour les juger. Le seul moment où je m’autorise à répliquer c’est quand des omnivores (carnistes) trouvent malin de plaisanter sur la souffrance et la mort des animaux, quand ils sont agressifs ou malveillants. Je fais le pari que des gens vont s’intéresser au véganisme (et peut-être, dans un premier temps, diminuer leur consommation de produits animaux : viande, laitages, oeufs, cuir, laine etc) parce qu’ils rencontreront des véganes ouverts et gourmands.

Je vais me répéter mais je préfère être clair : le véganisme est un choix politique et existentiel (et ça va avec le plaisir et la joie, hein ! on ne va rien séparer). C’est, entre autres (car il concerne aussi l’habillement et pas mal d’autres choses), un mode d’alimentation équilibré, sain, délicieux, éthique, c’est un régime qui épargne les animaux (c’est ce qui a été déterminant pour moi), et qui est le moins destructeur pour l’environnement. Mais ce n’est pas un retour aux sources, ce n’est pas « naturel » (on est écolo, mais pas d’idéalisation béate de la nature, on est pour les anesthésies quand on va chez le dentiste et les vaccins sont une des grandes inventions humaines), ce n’est pas un régime que l’on suit d’instinct. Par exemple, il est nécessaire de se supplémenter en vitamine B12 (produite par des bactéries -oui ces mêmes vitamines B12 que l’on trouve dans les céréales Kellogg’s etc, dans le lait infantile, et dans la nourriture des animaux consommés par les omnivores). Il n’y a aucune source fiable de vitamine B12 d’origine végétale. Donc on ne rigole pas avec ça, les conséquences peuvent être graves. Ensuite la question de la supplémentation en vitamine D, en iode et en oméga 3 (à chaîne courte, tout va bien, c’est simple, mais à chaîne longue -DHA- là il y a débat, je trouve des infos contradictoires) est ouverte. La meilleure source d’information scientifique sur les questions nutritionnelles des véganes se trouvent, pour moi, ici

Jack Norris

Vegan Health

The Vegan RD

C’est technique, c’est plein de chiffres et d’études, et c’est passionnant. Beaucoup de sources sont anglophones. On peut remarquer que le ministère de la Santé anglais parle du véganisme, donne des pistes et des conseils, il informe : (http://www.nhs.uk/Livewell/Vegetarianhealth/Pages/Vegandiets.aspx), mais du côté ministère de la santé français : rien. Ce défaut d’information a un fondement idéologique, et irrationnel : l’Etat fait le pari qu’en ne parlant pas du véganisme ou en le décriant, tout ira pour le mieux (on voit bien dans ce pays l’influence toujours prégnante de Descartes et la force hégémonique de la norme). C’est une approche problématique, car les véganes ont besoin d’avoir un accès facile à des sources fiables d’information. L’absence d’information (ou la désinformation) peut avoir des effets désastreux en terme de santé. Il faut informer les véganes (et diététiciens et médecins devraient jouer un rôle de premier plan), et en particulier les véganes enceintes et les parents qui font le choix de donner une alimentation végétarienne ou végane à leurs enfants. C’est crucial.

Une bonne source d’informations en français : la Société Végane. Il y a d’autres sources, sites, pages facebook et blogs en langue française (dont pas mal côté québecquois), j’en parlerai prochainement. J’espère ne pas avoir été décourageant et trop sérieux. Le quotidien d’un végane n’est pas si compliqué, c’est assez excitant. Et très gourmand.

Martin