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Yaourts d’amande

Mon obsession du moment, c’est la fermentation (dit comme ça, ce n’est pas très glamour :-)). Yaourts et fromages végétaux, donc. En ce qui concerne les fromages, j’en reparlerai plus tard (je veux d’abord faire quelques expérimentations). Mais pour les yaourts, comme je n’aime pas trop le lait ni les yaourts de soja, j’avais envie d’en faire à partir de lait d’amande. Et j’ai réussi. On retrouve l’acidité d’un yaourt au lait de vache, une texture plutôt ferme et un goût d’amande léger et gourmand.

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Étant encore novice, j’ai suivi la recette du blog Vegebon (je vous conseille l’article, qui est passionnant et très détaillé et donne plein d’informations sur le choix des ferments et l’importance du taux de protéines pour que le yaourt soit ferme).

Pour ma première tentative, j’ai utilisé un yaourt de soja comme ferment parce que je n’ai pas trouvé de ferment végé dans mon magasin bio et que je ne voulais pas tout de suite investir dans un flacon de probiotiques à 20 €. Le goût était très bon, mais la texture est restée légèrement granuleuse (des morceaux de gel d’agar-agar) car notre blender était tombé en panne et que j’ai du mixer avec le mixer plongeant. J’avais peut-être aussi mis trop d’agar agar.

Pour ma seconde tentative, j’ai utilisé deux capsules de probiotiques comme ferment. Je n’avais plus assez de purée d’amandes donc j’ai remplacé une partie de l’eau par du lait d’amandes (il était un peu sucré -il y a deux variétés de lait d’amandes en magasin, du sucré et du non-sucré- car c’est tout ce qui nous restait, mais au final le goût du yaourt n’était pas particulièrement sucré). Ça a aussi fonctionné (Martin dit : Encore mieux). Le blender avait ressuscité tout seul (véridique) dont j’ai pu mixer tout ça finement et c’était bien mieux. Le goût était bon, complexe, assez acide, la texture était ferme mais un peu mousseuse (peut-être trop de probiotiques ou pas assez d’amande ?), goût d’amandes plus prononcé.

Donc la recette de base, c’est :
8 g d’agar agar
500 g + 400 g d’eau
100/150 g de purée d’amandes
ferment : une ou deux capsules de probiotiques ou un yaourt de soja, ou un ferment végétal pour yaourt (ça se trouve au rayon frais de certains magasins bios)

Ce que j’ai fait : 
8 g d’agar agar
500 g d’eau
400 g de lait d’amandes
60 g de purée d’amandes
2 capsules de probiotiques : j’ai utilisé le Advanced 40+ Acidophilus de Solgar (c’est un cocktail L-acidophilus, L-rhamnosus, L-paracasei, L.CASEI, B-lactis, et S-thermophilus) mais ça fonctionne avec d’autres. Je renvoie encore une fois à l’article de Végébon pour le détail des différentes bactéries et le goût spécifique de chacune.

Préparation pour ma version 
Dissoudre 8 g d’agar agar dans 500 g d’eau, bien mélanger puis faire bouillir pendant une trentaine de secondes. Laisser tiédir dans un plat (plus le plat sera grand, plus ça refroidira vite – dans mon moule à gâteau en verre, ça a pris environ 1/4h sur le rebord de la fenêtre un jour de tempête).
Couper le gel en cubes et le mettre dans le blender. Ajouter 200 g de lait d’amandes et mixer jusqu’à obtenir une belle crème. Ajouter ensuite la purée d’amandes et le reste du lait et mixer à nouveau. C’est le moment de parfumer vos yaourts si vous en avez envie (je n’ai pas encore testé) : sucre ou édulcorant, confiture, vanille, cacao…
Verser dans des pots de yaourts et mettre à fermenter dans la yaourtière pour 8 h.
On peut ensuite utiliser un yaourt de cette fournée pour ensemencer la prochaine fournée et ainsi de suite environ 4 fois (ce qui fait qu’avec 1 ferment, on fait 5 litres de yaourt).

(pour cette recette, on peut remplacer le lait d’amandes en mettant plus de l’eau et plus de purée d’amandes)

J’ai fait le calcul, ça revient à un peu plus de 3 € le litre de yaourts, ce qui est un peu plus cher qu’un paquet de sojasun (sauf que là, c’est bio et c’est meilleur :-)). Ce qui coûte cher, en fait, c’est la purée d’amandes. Les probiotiques sont chers à l’achat (penser à les conserver au frais!) mais étant donné qu’on peut ensemencer environ 5 litres de yaourts avec une ou deux capsules, au final, ça ne coûte pas grand chose.

A priori cela fonctionne aussi avec de la crème de coco (mais bon, ça coûte beaucoup plus cher) et d’autres laits végétaux, parfois en augmentant la quantité de purée pour avoir plus de protéines (dans le cas des oléagineux) parfois en ajoutant de la fécule pour épaissir (dans le cas du lait de riz). Mais encore une fois (rendons à César ce qui est à César) Végébon vous explique tout ça beaucoup mieux que moi !

Coline

Pourquoi de la viande végétale et des fromages véganes?

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Souvent, on nous demande pourquoi s’échine-t-on à cuisiner ou à acheter des fromages ou de la viande fabriqués à partir de végétaux ? « Il y a tellement de délicieux légumes, nous dit-on. Est-ce que ça ne vous suffit pas ? » D’ailleurs, ahah, je remarque que la question vient toujours d’omnivores, de gens qui justement mangent de la viande et du fromage. Comme si l’éthique devait passer par la souffrance et par la privation, comme si on devait se priver de choses succulentes comme le fromage parce qu’on est véganes. C’est un peu pareil dans l’art : s’il n’y a pas de souffrance à créer, si on s’y amuse, voire même si c’est facile (l’horreur !), la question se pose : est-on vraiment légitime ? Mérite-t-on notre titre de végane ou d’artiste ?

Voilà donc quelques esquisses de réponses :

  • Parce qu’être végane ne veut pas dire qu’on n’aime soudainement plus le fromage ou la viande. On peut avoir été de très grands amateurs de fromages, de viande, de poisson, de beurre ou de charcuterie… et décider de ne plus en manger pour des raisons éthiques. On n’a pas perdu notre goût théorique pour ces aliments. Simplement cela nous pose problème de continuer à en manger. De fait, ils ne sont plus comestibles.
  • Parce qu’on vit dans un pays (et un monde) où la culture gastronomique est forte. La viande et le fromage végétaux nous permettent de manger des plats qu’on aimait (raclette, choucroute, quiche, burger…), des plats qui sont liés à notre patrimoine gastronomique personnel, qui nous sont familiers, dont le goût ou la texture nous évoquent des souvenirs. C’est peut-être ce qu’il y a de plus difficile dans le véganisme : la perte des repères culinaires et gustatifs. On redevient presque comme un bébé qui goûte ses premières purées : on doit réinventer toute une familiarité.
  • Parce que la recherche d’alternatives végétales au fromage et à la viande donnent parfois naissance à des produits délicieux. On a découvert plein de choses qu’on n’aurait pas forcément goûté en d’autres circonstances (la panisse, le tofu lactofermenté, le tempeh, la levure maltée…), on a pris l’habitude de cuisiner les pois chiches et les noix de cajou sous toutes les formes, etc. Mais on a aussi découvert une saucisse paysane, un chorizo, un camembert et un bleu (tout ça tout à fait végétal bien sûr) absolument délicieux. Alors pourquoi on s’en priverait sous prétexte que ça ressemble à des aliments non-véganes ?
  • Les omnivores n’ont pas le monopole du fromage ou de la charcuterie ! Ce n’est pas leur propriété. Si on avait inventé le fromage végétal avant le fromage animal, est-ce qu’on dirait la même chose aux omnivores ? Soyons libres de jouer avec les représentations.
  • On ne devient pas forcément végane par passion pour les végétaux (je n’aime toujours pas les tomates crues, encore moins les « très très bonnes tomates bio et bien juteuses du jardin en été »), on développe cette passion parce qu’on est végane. Et on est d’autant plus heureux de découvrir qu’on peut retrouver des textures et des goûts familiers avec seulement des végétaux.
  • Pour finir, les fromages véganes d’artisans sont délicieux, ils sont à tomber, alors on il n’y a aucune raison de s’en priver (si ce n’est leur prix). Et puis, il y a quelque chose de l’ordre d’une victoire symbolique : on a attiré le fromage du côté végétal, on l’a arraché à la souffrance animale, et en plus c’est miamesque. Pourquoi s’en priver ? (Le seul gros souci, c’est qu’ils coûtent beaucoup plus cher que leurs équivalents faits à partir de laits animaux – on espère que le développement du véganisme va permettre de les rendre plus accessibles).

Coline

Militer avec des dessins

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Avec Coline on cherche des manières de militer qui nous conviendraient (nous, phobiques sociaux, rapport compliqués avec les autres êtres humains). Il y a pas mal de choses qui nous donnent envie de pleurer et qui nous enragent. Alors on s’est dit qu’on allait faire des dessins et des textes sur des sujets qui nous tiennent à coeur, les artistes, les animaux, les enfants, toutes ces espèces en danger finalement. Ça ne sera pas très didactique (je crois), et sans doute étrange, pas toujours compréhensible, mais créer de la circonspection c’est déjà pas mal. Bon, on est des militants débutants, hein. Voilà on s’est dit qu’en matière de dessins militants bizarres on pouvait apporter un petit quelque chose. Ça prendra la forme de jpg, de badges, d’autocollants.

Croissants véganes

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Avec Coline, de temps en temps on achète des produits véganes déjà préparés. Bien sûr on préfère cuisiner, mais certaines choses sont vraiment compliquées à exécuter. Comme les croissants. En voyant ces croissants véganes on s’est dit « Chic, on va tester ».

Déception. C’est sec, fade, mou. Aucun intérêt. Ok ça ressemble à des croissants, mais on aurait mieux fait ce matin de se préparer du beurre de coco avec un peu de confiture sur du pain. Je sais, je sais, ce ne sont pas des croissants frais, mais bon avant d’être végane j’ai mangé des croissants sous vide ou sous sachet plastique. Ce n’était pas aussi nul. Il ne nous reste plus qu’à prier pour qu’un boulanger végane ouvre pas loin de chez nous.

Il semble que certains marchands/industriels se soient dit : « Les véganes représentent un nouveau marché, on va leur vendre des trucs dégueux qui ressembleront aux aliments qu’ils mangeaient avant ».

Méfiance donc.

Martin

 

Portrait de notre garde-manger

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garde-manger de Coline Pierré et Martin Page

Portrait de notre garde-manger.
Quand on devient végane, on a parfois des remarques (cela reste rare) du genre « Mais alors qu’est-ce que vous mangez ? » Sous-entendu « Vous ne mangez que des carottes à l’eau et de la salade verte ».
Non, on ne meurt pas de faim (et au fait : on ne maigrit pas forcément, surtout quand on est gourmands comme nous). Au contraire, nos repas n’ont jamais été aussi variés. On cuisine des aliments dont on ignorait l’existence jusque là (panisse, flocons de levure maltée, flocons de pois chiche, tempeh, protéines de soja texturées, seitan…), on découvre des légumes (choux-rave, délice d’entre les délices), on adopte de nouveaux basiques qui étaient peu présents avant dans nos menus (beurre de coco, fondant au chocolat végé, houmous, caviar de tomates séchées, champignons à l’ail…). La réalité gastronomique devient plus riche et plus complexe. On se rend compte qu’une cuisine quotidienne est une chose qui reste à inventer, tant de produits sont encore à découvrir et à associer.
En fait, on n’a pas l’impression d’avoir renoncé à quoi que ce soit : on se réapproprie notre héritage culinaire (familial, culturel) et on le réinvente autrement. Ça devient même un jeu : comment cuisiner autrement les plats qu’on connaît bien et retrouver les saveurs qu’on a aimées ? Dernièrement ça a donné lieu à de la choucroute et des lasagnes véganes.

Note : nous sommes bien conscients que notre garde-manger dit quelque chose de notre position sociale : nous habitons une ville bien fournie en maraîchers et en magasins proposant des aliments de qualité. Il y a une large part de la population qui habite dans des déserts alimentaires, dans ce cas manger avec une grande diversité est plus compliqué. Nous avons les moyens de faire le marché et d’acheter pas mal de produits bio (même si les produits bios végétaux sont toujours moins chers que viandes et fromages non bios – y avoir accès, aller vers ces produits c’est déjà un signe de position sociale favorisée). Enfin, nous avons le temps de nous poser des questions sur notre alimentation et surtout de cuisiner, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, par exemple de pas mal de salariés aux horaires impossibles ou de parents de familles nombreuses. Nous sommes à une époque de l’histoire et de nos vies, et dans un milieu, qui rend notre rapport aventurier à la nourriture possible. Nous en profitons bien. Avec Monstrovéganes, on va bientôt proposer des recettes simples et pas chères pour montrer que la gastronomie végétale est accessible. Le véganisme a tout pour être un mouvement populaire. À nous de travailler à le démocratiser
(il manque sur cette photo notre boîte de vitamine B12, car qui dit véganisme dit supplémentation en cette vitamine indispensable – tout comme nécessité de devenir un peu expert en nutrition).

Coline & Martin

Le véganisme n’est pas un régime alimentaire

En tout cas, ce n’est pas que ça.

Un.e végane ne consomme pas de produits animaux, c’est-à-dire ni viande, ni poisson, ni oeufs, ni lait, ni fromage. Mais ce n’est pas tout : un.e végane n’achète pas de cuir (chaussures, sacs, blousons…), ni de laine (pulls, moufles, écharpes, bonnets…).

Parce que tous ces produits animaux impliquent mauvais traitements et mort prématurée et violente (oui, même dans les petites exploitations qui ont l’air super chouette).

Coline et moi nous nous sommes offerts des chaussures « véganes ». Et bien sûr, on essaye d’être cohérents : elles sont fabriquées selon des normes sociales (qu’on pense être) solides (l’être humain est un animal, il s’agit donc de faire en sorte de lui éviter souffrance et exploitation). Mes chaussures sont des Veja et celles de Coline des Wills (et ici une interview du fondateur de la marque).

On a encore des chaussures en cuir et des pulls en laine (datant de notre vie d’avant), on les remplacera peu à peu. Pour des raisons financières, et aussi pour des raisons liées au fait d’être végane : la production de n’importe quoi cause forcément des morts animales. Donc on va user jusqu’à la corde nos affaires. (Ceci dit, il y a aussi un aspect psychologique pour le cuir : j’ai du mal à porter du cuir sans tristesse, sans penser au sort fait à l’animal).

chaussures véganes vegan

 

Le véganisme, c’est des contraintes. C’est certain. Mais ces contraintes sont fertiles. On est loin d’une ascèse, au contraire le monde se révèle plus riche et passionnant. Par exemple, j’ai lu un article sur les nouveaux « cuirs » : du cuir de liège, du cuir fait à partir d’ananas. Le réel se complexifie, l’invention est là.

Martin

PS : un très bon article d’Antigone XXI sur les habits éthiques.

Les rayons bizarres et gourmands des boutiques véganes

Réception ce matin d’un colis de petites gourmandises véganes. Il y a quelques classiques qu’on trouve difficilement, surtout quand on n’habite pas dans une (très) grande ville (ou un autre pays, plus vegan-friendly que la France…). Heureusement, il y a des sites en ligne au catalogue bien fourni, remplis de bonnes petites choses, comme Boutique vegan, Un monde vegan, et The vegan shop. On a donc pris :

  • Des protéines de soja texturées. On a découvert ça il y a peu (au début on trouvait que ça ressemblait à de la nourriture pour bodybuilder :-), et vraiment le nom ne donne pas envie) et c’est super :-) Ça n’a aucun goût en soi, c’est notre assaisonnement qui va tout changer. C’est hyper-économique, il y a plein de formes différentes et la texture est top.
  • Du chocolat au lait Rapunzel (parce que mes papilles d’enfant n’arrivent pas à préférer le chocolat noir), le meilleur qu’on ait testé pour l’instant.
  • Du fauxmage râpé (bien pratique pour les pizzas ou les lasagnes, par exemple) et du cream cheese (parce qu’il paraît que le Tofutti est super).
  • Des saucisses à hot dogs et des saucisses paysannes qui sont délicieuses (et bluffantes).
  • Du tofu à la mangue et au curry (pour tenter).
  • Des glaces à congeler soi-même (expérience).
  • Du miso blanc.

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Coline

Cookies noix du Brésil, beurre de cacahuète, chocolat

Pause dans la dernière relecture (mais à qui veux-tu faire croire ça ?) de mon manuscrit (il part chez mon éditeur la semaine prochaine), donc cuisine (et câlins, jeux, discussions avec Cyrus bien sûr).

Que serait la vie sans cookies ? A peu près la même chose que la vie sans gâteau au chocolat. Une tragédie sobre.

Cette recette est adapté d’une recette de Marie Laforêt (de son livre Vegan, raison pour laquelle je ne donne pas le détail ici, achetez le livre, c’est une mine). Ma version : chocolat, flocons d’avoir, beurre de cacahuète, noix du Brésil. Et bien sûr ni beurre, ni oeufs. Version avant cuisson.

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Après cuisson. Miam. Remarque : attention, suivant la puissance de votre four, la durée de cuisson varie. Je rappelle : suivant le comité omnipotent du cookie, un cookie doit être moelleux, alors ne suivez pas le temps de cuisson indiqué à la lettre, vous connaissez votre four, adaptez le temps de cuisson. Un cookie sec c’est vraiment dommage (alors le tremper dans une tisane). Par ailleurs, mieux vaut ne pas cuire avec le four sur chaleur tournante, mais sur cuisson normale ou gâteaux.

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Martin

Houmous : une philosophie pour nous les doux voyoux

L’objet de ce blog est de montrer que le véganisme est accessible, joyeux et délicieux (avec toutes les précautions : une alimentation végétale se pense, ainsi la supplémentation en vitamine B12 est indispensable, et je conseille aussi vitamine D (D3 d’origine végétale), et omégas 3 DHA-EPA).

Donc je vais proposer des recettes super simples (je suis le cuisinier punk du couple) car souvent nos journées sont courtes donc les recettes rapides et simples sont indispensables (même si les faux-mages sont chouettes et miam).

Le houmous.

Ma recette :

(note : alors contrairement à Coline je suis flou sur les quantités et le temps)

  • Des pois chiches (je les fais tremper une quinzaine d’heures, je jette l’eau et je les fais cuire dans une nouvelle eau pendant une bonne heure – d’ailleurs au lieu de jeter l’eau de trempage, on peut la garder, la faire bouillir au moins 10 minutes puis la battre en neige pour faire des mousses au chocolat, de la meringue. Le blog Révolution végétale explique tout ça très bien) (et si vous n’avez pas le temps, prenez des pois chiches en boîte).
  • De l’huile d’olive
  • Du sel
  • De l’ail
  • De l’oignon
  • De la purée d’amandes (c’est ma touche perso ces temps-ci, ça ajoute un peu de sucré, mais vous pouvez mettre de la purée de sésame -tahin- comme le veut la tradition)
  • Du cumin
  • Du jus de citron (pas trop, hein)
  • Du poivre

Vous mixez tout et voilà.

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Le mieux est d’en faire d’énormes quantités, et d’en congeler une bonne partie.

Bien sûr on l’accompagnera d’une bonne bouteille de fizzy bubblech (100% végane). Mais ça tombe sous le sens.

Alors je sais, je ne donne pas de dosage, mais pour une raison simple : on s’en moque. C’est une question de bon sens, de goût et de feeling. Par exemple ne mettez pas 2 kilos d’ail et 20 grammes de pois chiches. Il est important de se lancer, de se faire confiance. La base ce sont les pois chiches, c’est évident, après tout le reste c’est pour le goût et l’onctuosité. Donc testez, expérimentez. Enlevez des ingrédients, rajoutez-en. Tiens et pourquoi pas un peu de persil ? Enlevez l’ail si vous n’aimez pas et mettez du piment ou du poivron. Sentez-vous libre. Difficile de rater un houmous, ça se rattrape toujours.

Le houmous (ça sonne comme humus pour moi, c’est dire si c’est important), c’est un plat parfait, partagé par tous les peuples de la terre et toutes les religions. J’en mange à quasiment tous les repas et à chaque fois je le fais un peu différent.

Et puis, pour les véganes : ce sont des protéines. Il contient aussi fer, zinc, cuivre, manganèse, folates, magnésium, potassium, sélénium, vitamines B1, B2, B6. Et ça uniquement grâce aux pois chiches. Donc imaginez avec la purée d’amandes, ail et oignon.

À part ça la musique qui tournait durant la recette c’était Cartola, le nouveau Cocorosie, et Some Better Day (I am Kloot), pas loin d’être la plus belle chanson du monde.

Martin

Scène de la vie quotidienne – pommes de terre grenailles

Quand on ne mange que des végétaux, forcément, on commence à avoir une connaissance un peu plus pointue des variétés. Alors au marché, quand on achète des pommes de terre, c’est parfois un peu compliqué.

– C’est quoi la variété de ces pommes de terre ?

– Euh, de la grenaille.

– Mais c’est pas une variété la grenaille. C’est juste la taille.

– Attendez, je demande.

À son collègue :

– Tu sais ce que c’est comme variété, les petites pommes de terre ?

– Ben… de la grenaille.

Coline

Scène de la vie quotidienne – la farine de gluten

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Pour préparer un seitan, l’ingrédient de base c’est la farine de gluten. Je passe donc au supermarché bio du coin. Pas de farine de seitan à l’horizon. Je m’approche d’un vendeur.

– Bonjour, je cherche la farine de gluten.

Sans gluten.

– Non, non : de gluten.

– Vous êtes sûr ?

– Oui.

– Ah. Je vais demander au responsable.

On parcourt les rayons. Le responsable est en train de classer des boîtes de biscottes. L’employé à son patron :

– Monsieur cherche la farine de gluten.

– Vous voulez dire sans gluten.

– Non, non : de la farine de gluten.

En ces temps de popularité antigluten (que je respecte, je ne juge pas les pratiques alimentaires non léthales pour les animaux), les oreilles sont parfois bien préformées.

Scène de la vie quotidienne – trouver un sandwich

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Hier, tentative de trouver un sandwich, n’importe quoi de mangeable, dans une boulangerie du centre avant un rendez-vous.

– Vous auriez quelque chose sans produits animaux ?

– …

– C’est-à-dire sans viande, sans fromage, sans oeufs et sans beurre ?

– Ah, alors il y a des sandwichs au saumon.

Le véganisme comme aventure

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Quelques mots de présentation. Coline et moi aimons les livres, les dinosaures, la musique (et les instruments bizarres comme le thérémine), et bien sûr : manger.

Nous ne sommes pas très doués niveau organisation et rangement à la maison. Ce site est le moyen pour nous de constituer un petit livre de cuisine et un carnet de notes qu’on est sûr de ne pas perdre. Garder traces de nos expérimentations, réflexions, trouvailles, catastrophes.

C’est aussi l’occasion de réfléchir à ce que ça veut dire être végane (j’utilise la forme française du mot). Je suis végane, Coline navigue entre flexi-végé-véganisme. Ça a heureusement et joyeusement bouleversé notre rapport à la nourriture et à la cuisine (et à la vie en général). À vrai dire on n’a jamais autant cuisiné, jamais mangé de façon aussi gourmande.

D’après ma maladroite, modeste et vague expérience, être végane implique de devenir assez calé en nutrition (ça tient aussi sans doute à mon esprit obsessionnel) et d’aimer cuisiner. Bien sûr, on peut être végane et se nourrir de produits transformés, plats déjà cuisinés etc, mais bon ce n’est pas très marrant (et pas génial niveau portefeuille et santé).

C’est la mauvaise (ça prend un peu de temps) et la bonne (de nouvelles connaissances, une meilleure compréhension du corps humain, des légumes, des fruits, des légumineuses) nouvelle : on devient forcément un peu doué en nutrition. On remet en cause pas mal de nos habitudes et de nos réflexes. On s’écarte de la norme, c’est à dire qu’on ne laisse plus à la société (à notre civilisation) le soin de penser nos repas. C’est la fin des évidences et du conformisme alimentaire (ou disons de la tradition). Avec la fin des évidences, c’est à nous d’apprendre à composer nos repas, pour qu’ils soient savoureux c’est certain, mais aussi pour qu’ils soient équilibrés. Attention : les carences ne sont pas un risque propre aux véganes. Nombre d’omnivores sont carencés en fer, en calcium, en iode, en vitamine B12, etc (et en excès de tout un tas de trucs). Mais il est sans doute plus facile pour un végane d’être carencé, car il doit davantage penser son alimentation qu’un omnivore, ça prend du temps et de l’énergie, ça nécessite un goût pour la recherche. Comme pour toute éducation qu’on se donne, on est à la fois maître et élève, et on peut compter sur de nombreux condisciples pour parler et s’entraider. L’émancipation est un effort joyeux.

Ce site n’est pas un lieu de débat pour ou contre le véganisme. Ceux qui cherchent des faits scientifiques sur la question les trouveront (souvent plus à l’étranger, USA, Canada, Angleterre -cf., c’est un exemple, la page wikipedia anglaise “veganism”- on peut lire aussi l’intéressante page véganisme, d’une nature différente et plus succincte). Donc pas de “Mais où trouvez-vous vos protéines ?” etc, tous ces débats dont on trouve la réponse en faisant un minimum de recherche sur le net. Il ne s’agit pas ici non plus de moquer ou d’attaquer les omnivores (mais : je critiquerai le carnisme). J’ai été omnivore la plus grande partie de ma vie, je serai donc très mal placé pour les juger. Le seul moment où je m’autorise à répliquer c’est quand des omnivores (carnistes) trouvent malin de plaisanter sur la souffrance et la mort des animaux, quand ils sont agressifs ou malveillants. Je fais le pari que des gens vont s’intéresser au véganisme (et peut-être, dans un premier temps, diminuer leur consommation de produits animaux : viande, laitages, oeufs, cuir, laine etc) parce qu’ils rencontreront des véganes ouverts et gourmands.

Je vais me répéter mais je préfère être clair : le véganisme est un choix politique et existentiel (et ça va avec le plaisir et la joie, hein ! on ne va rien séparer). C’est, entre autres (car il concerne aussi l’habillement et pas mal d’autres choses), un mode d’alimentation équilibré, sain, délicieux, éthique, c’est un régime qui épargne les animaux (c’est ce qui a été déterminant pour moi), et qui est le moins destructeur pour l’environnement. Mais ce n’est pas un retour aux sources, ce n’est pas « naturel » (on est écolo, mais pas d’idéalisation béate de la nature, on est pour les anesthésies quand on va chez le dentiste et les vaccins sont une des grandes inventions humaines), ce n’est pas un régime que l’on suit d’instinct. Par exemple, il est nécessaire de se supplémenter en vitamine B12 (produite par des bactéries -oui ces mêmes vitamines B12 que l’on trouve dans les céréales Kellogg’s etc, dans le lait infantile, et dans la nourriture des animaux consommés par les omnivores). Il n’y a aucune source fiable de vitamine B12 d’origine végétale. Donc on ne rigole pas avec ça, les conséquences peuvent être graves. Ensuite la question de la supplémentation en vitamine D, en iode et en oméga 3 (à chaîne courte, tout va bien, c’est simple, mais à chaîne longue -DHA- là il y a débat, je trouve des infos contradictoires) est ouverte. La meilleure source d’information scientifique sur les questions nutritionnelles des véganes se trouvent, pour moi, ici

Jack Norris

Vegan Health

The Vegan RD

C’est technique, c’est plein de chiffres et d’études, et c’est passionnant. Beaucoup de sources sont anglophones. On peut remarquer que le ministère de la Santé anglais parle du véganisme, donne des pistes et des conseils, il informe : (http://www.nhs.uk/Livewell/Vegetarianhealth/Pages/Vegandiets.aspx), mais du côté ministère de la santé français : rien. Ce défaut d’information a un fondement idéologique, et irrationnel : l’Etat fait le pari qu’en ne parlant pas du véganisme ou en le décriant, tout ira pour le mieux (on voit bien dans ce pays l’influence toujours prégnante de Descartes et la force hégémonique de la norme). C’est une approche problématique, car les véganes ont besoin d’avoir un accès facile à des sources fiables d’information. L’absence d’information (ou la désinformation) peut avoir des effets désastreux en terme de santé. Il faut informer les véganes (et diététiciens et médecins devraient jouer un rôle de premier plan), et en particulier les véganes enceintes et les parents qui font le choix de donner une alimentation végétarienne ou végane à leurs enfants. C’est crucial.

Une bonne source d’informations en français : la Société Végane. Il y a d’autres sources, sites, pages facebook et blogs en langue française (dont pas mal côté québecquois), j’en parlerai prochainement. J’espère ne pas avoir été décourageant et trop sérieux. Le quotidien d’un végane n’est pas si compliqué, c’est assez excitant. Et très gourmand.

Martin